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Relance facture impayée freelance : méthode simple avant la mise en demeure

Une facture impayée, c'est du stress et de la trésorerie en moins. Voici comment relancer proprement, étape par étape, jusqu'à la mise en demeure si rien ne bouge.

Serge · KOREMis à jour le 1 juin 20267 min de lecture

Tu as livré le travail. La date d'échéance est passée. Et toujours rien sur ton compte. C'est une des situations les plus pénibles quand on est freelance : tu as fait ta part, et il faut maintenant courir après ton propre argent.

Bonne nouvelle, il existe une méthode claire pour récupérer ce qui t'est dû, sans te fâcher trop vite ni passer pour quelqu'un d'agressif. On relance d'abord calmement, on durcit le ton si besoin, et la mise en demeure reste le dernier recours. À chaque étape, on garde une trace écrite.

  1. J+0

    Échéance

    La date de paiement est passée.

  2. Relance 1

    Cordiale

    Un rappel simple, on suppose l'oubli.

  3. Relance 2

    Ferme

    Ton plus direct, rappel des conditions.

  4. Dernier recours

    Mise en demeure

    Modèle LRAR pré-rempli, que tu envoies toi-même.

De l'échéance à la mise en demeure : une escalade progressive, toujours par écrit.

Avant de relancer : vérifie ces 3 points

Avant d'écrire quoi que ce soit, prends deux minutes pour vérifier que le retard est bien réel. Un client peut avoir une bonne raison, ou t'avoir payé sans que tu l'aies vu passer.

  1. La date d'échéance est-elle bien dépassée ? Entre professionnels, le délai par défaut est de 30 jours à compter de la fin de la prestation, sauf si ton contrat ou tes CGV prévoient autre chose. Le délai convenu ne peut en général pas dépasser 60 jours nets après l'émission de la facture (ou 45 jours fin de mois si c'est négocié).
  2. Le paiement n'est-il pas déjà arrivé ? Vérifie ton compte et tes virements en attente avant de relancer. Une relance pour une facture déjà réglée fait mauvais effet.
  3. Ta facture était-elle complète ? Vérifie qu'elle mentionnait bien la date de règlement, le taux des pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire de 40 €. Ces mentions sont obligatoires, et elles te servent de base si la situation se durcit.

Si tout est en ordre et que le délai est dépassé, tu es dans ton droit. Tu peux relancer la tête haute.

Étape 1 — La relance cordiale (J+1 à J+7)

La première relance part du principe que c'est un oubli. Dans la majorité des cas, c'en est vraiment un : la facture est passée entre les mailles, le comptable était absent, l'email a fini dans un sous-dossier. Reste aimable et factuel.

Un message simple suffit. Prends le cas d'un designer dont la facture de fin de projet n'a pas été réglée. Sa relance tient en quatre éléments :

  • Un objet clair : « Facture n° 2026-014 — échéance dépassée ».
  • Le rappel des faits : numéro de facture, montant, date d'échéance.
  • Le document en pièce jointe, pour couper court au « je ne la retrouve pas ».
  • Une formule ouverte adressée au client : « Pouvez-vous me confirmer la date de règlement prévue ? »

Le but n'est pas d'accuser, mais d'obtenir une réponse et une date. Et surtout : passe par email, pas par téléphone. Un appel ne laisse aucune trace. À partir de maintenant, chaque échange doit être écrit et conservé.

Étape 2 — La relance ferme (vers J+15)

Une à deux semaines après la première relance, toujours rien. On change de registre. Le ton reste poli, mais plus direct, et on rappelle les conséquences prévues par la loi.

Entre professionnels, des pénalités de retard sont dues automatiquement dès le jour suivant la date de paiement, sans même besoin d'un rappel. Leur taux figure normalement sur ta facture et dans tes CGV. À défaut de taux indiqué, on se base sur le taux directeur de la Banque centrale européenne majoré de 10 points, et le résultat ne peut pas être inférieur à trois fois le taux de l'intérêt légal. Pour le 1er semestre 2026, ce taux légal est de 2,62 % pour les créances entre professionnels, ce qui porte ce plancher à 7,86 %.

S'ajoute une indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement de 40 €, due par facture payée en retard. Si tes frais réels dépassent ce montant, tu peux demander un complément sur justificatifs.

Dans cette relance ferme, tu peux donc :

  • Rappeler le montant et le nombre de jours de retard.
  • Indiquer que les pénalités de retard et l'indemnité de 40 € s'appliquent de plein droit.
  • Fixer une date limite courte et précise (par exemple sous 8 jours).
  • Annoncer la suite au client : « Sans règlement avant cette date, je vous adresserai une mise en demeure. »

Tout garder au même endroit aide énormément ici. Quand chaque facture est reliée à son client et à son projet, tu vois d'un coup d'œil ce qui est dû, depuis combien de temps, et ce que tu as déjà envoyé. C'est le rôle de la partie paiements d'un workspace bien rangé : aucune ressaisie, et un historique complet sous la main le jour où ça compte.

Étape 3 — La mise en demeure (dernier recours)

Si la relance ferme reste sans effet, on passe à la mise en demeure. C'est la dernière étape amiable, celle qui précède un éventuel recouvrement en justice (injonction de payer, référé-provision, assignation). Elle formalise officiellement ta demande de paiement.

La mise en demeure s'envoie en général par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR), avec une formulation assez claire et ferme pour « valoir mise en demeure ». L'accusé de réception prouve que le client l'a bien reçue, ce qui servira pour la suite.

En pratique, un modèle de mise en demeure contient le plus souvent :

  • Tes coordonnées et celles du client.
  • La référence et le montant de la facture impayée.
  • Le rappel de l'obligation de payer et des relances déjà envoyées.
  • Un délai précis pour régler.
  • La mention expresse « mise en demeure de payer ».

Laisser les relances partir au bon moment, sans y penser

Avec les impayés, le vrai problème, c'est rarement de savoir quoi écrire. C'est de penser à relancer au bon moment, alors que tu es déjà sur le projet suivant. Une facture oubliée trois semaines, c'est trois semaines de trésorerie en moins, et un client qui s'habitue à payer en retard.

C'est précisément ce que prépare Le Recouvreur dans KORE : il prépare les relances d'impayés au bon moment et génère, si besoin, un modèle de mise en demeure LRAR pré-rempli avec les bonnes références. Point important : KORE n'envoie jamais la lettre recommandée à ta place. Le modèle est prêt, tu le relis, et c'est toi qui l'envoies à La Poste. Tu gardes la main de bout en bout.

Les automatisations comme Le Recouvreur sont incluses à partir du plan Pro (voir les tarifs). Si tu préfères d'abord t'outiller à la main, des modèles de relance et de mise en demeure prêts à adapter existent aussi sur la marketplace, sans abonnement.

Garder une trace écrite, du début à la fin

Quelle que soit la méthode choisie, retiens une chose : chaque relance doit laisser une preuve. C'est ce qui fait la différence si tu dois un jour passer en phase judiciaire.

  • Privilégie l'email à l'appel téléphonique pour toute relance.
  • Conserve les dates, les montants et le texte exact de chaque message.
  • Garde précieusement l'accusé de réception de la LRAR.
  • Note les réponses du client, même verbales (« il a promis de payer le 15 »).

Un dossier complet et daté te protège, et il accélère tout si tu fais appel à un commissaire de justice ou à un conseil. Relancer une facture impayée proprement, ce n'est pas être agressif : c'est être méthodique, et faire respecter un travail déjà livré.

Sources

Le Recouvreur

Laisse Le Recouvreur préparer tes relances

Les relances arrivent au bon moment et la mise en demeure est pré-remplie. Tu valides, tu envoies. Inclus dans les plans Pro et Empire.